Je n'aime pas les blogs à la base. C'est vrai, ça ne sert qu'à raconter sa vie dont tout le monde se fout, faut bien l'dire. Mais bon, celui-ci est juste destiné à parler de ma zik, et donc un tout p'tit peu de moi car l'on est - en partie du moins - déterminé par la zik que l'on écoute.


'Drive away till you find a new day'


Rock on.





Tuesday, April 01, 2008

BLACKMAIL - Tempo Tempo

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♫♪♫

Pays : Germany
Genre : Alternative Rock / Indie
Année : 2008

♫♪♫

1. False Medication
2. Mine, Me, I
3. [ Feel It ] Day By Day
4. The Good Part
5. Its Always A Fuse To Live At Full Blast
6. Shshshame
7. Speedluv
8. U Sound
9. The Mentalist
10. Swinging Exit Pleasure
11. Pas De Tristesse
12. So Long Goodbye
13. The Sensualist
14. Tempo Tempo

♫♪♫



Shshshame

♫♪♫

Ce que j'en pense : Hey ! Enfin, c'est fait. Les zikos de Blackmail sont heureux de vous annoncer qu'ils sont depuis quelques jours les heureux parents d'un sixième bébé. Si jeune et déjà agité et bruyant le gamin. Si le lien de parenté avec ses grand frères est plus que visible, montrant ainsi qu'il existe bel et bien une identité musicale propre, l'arrivée du petit dernier fait néanmoins un immense plaisir à tous les fans de la formation, dont je suis. La gestation fut relativement longue, mais il faut parfois laisser du temps pour que l'être tant attendu parvienne à maturité.

Deux ans se sont donc écoulés depuis l'énorme bombe [ Aerial View ] grâce à laquelle je les ai découvert. Je me souviens encore du jour où j'ai entendu cette musique et cette voix si particulières. L'atout de Blackmail réside selon moi et principalement dans sa capacité à proposer une diversité musicale de premier ordre, riche d'influences multiples où le Rock furieusement subversif et alternatif rivalise avec un Indie des plus raffinés et soyeux. Et cet album ne déroge pas à la règle, j'irai même plus loin en disant qu'il est celui comportant le plus de dissonances apparentes entre les morceaux, dans la mesure où plus que jamais, le trio de Koblentz distille ça et là des petites perles mélodiques et de jolies ballades aux vertus somnolentes [ So Long Goodbye, The Sensualist ], que viennent presque jouissivement mutiler et lacérer des titres dont les riffs tabassent la tête, aussi tranchants que les griffes assérées de Freddy Krueger dans l'abdomen d'une de ses victimes. Les quatorze titres baignent dans une même ambiance de torpeur, de rêverie et d'abandon de soi [ Pas De Tristesse, interlude fait de choeurs et de murmures ]. Une atmosphère berçante et lancinante dont on est extrait brutalement par des instruments nerveux et lourds dont l'apparition surprend tant elle est inattendue. Le concept a certes toujours existé chez les Allemands, cette ambivalence permanente et ce côté manichéen des choses. Les textes du groupe sont à cet égard souvent explicites, épousant à la perfection une musique tantôt possédée par le Diable comme pouvant s'emplir de douceur et de délicatesse. Une ambivalence qui s'exprime aussi dans des choix rythmiques souvent audacieux adoptés par l'excellent drummer Mario Matthias. False Medication, avec ses riffs bien gras et un son d'entrée de jeu très sombre démarre la galette, l'occasion d'entendre qu'Aydo Abay n'a pas perdu sa voix blasée et nasillarde si atypique, véritable signature vocale. A la différence de Samson dont les cheveux coupés avaient annihilé la force, le lead singer du combo, même s'il s'est délesté des siens, n'a rien perdu de son potentiel, nous gratifiant d'une voix toujours plus flemmarde et déliquescente, qui fait tout son attrait. Mine, Me, I, assez bourrine dans l'esprit et très nerveuse sur sa fin, avec un Aydo très véhément, possède un joli interlude dont la douceur enfantine qui s'en exalte contraste incroyablement avec la furie générale de la piste. Le tempo s'adoucit quelque peu pour Day By Day bien que les instruments claquent magistralement [ j'aimerais d'ailleurs me procurer la liste exhaustive de leur matos, si quelqu'un la connaît ... ]. Un calme entretenu avec probablement l'un des meilleurs titres sur cet opus, The Good Part, ballade Indie nonchalante assez orientée British Pop où le clavier joue un air si magnifiquement triste qu'on ne peut qu'être touché au coeur. Its Always A Fuse To Live At Full Blast, avec les sonorités orientales incongrues qui le parsèment, finit par virer franchement Rock, tout comme Shshshame, bien rythmé mais paradoxalement moins complexe musicalement, qui sonne imparablement dès la première écoute. Toujours bien péchue, The Mentalist possède un dernier tiers tout bonnement monstrueux, hyper Punk, violent, transgressif, insoumis, indiscipliné. Une bonne baffe assénée par le groupe qui lâche les chevaux comme ils ont rarement pu le faire auparavant. L'une des pistes les plus réussies également s'appelle Speedluv, morceau très Indie à l'oreille dont la dernière partie est exceptionnelle, avec la présence de grattes saturées, virulentes et délibérément impétueuses surgissant à plusieurs reprises de nulle part croquer la jolie mélodie dorlottante des ponts musicaux. Une tuerie. Tempo Tempo clôturant l'album résume l'ouvrage tout entier : innovateur, ambitieux, créatif, prétentieux, séditieux, brouillon mais tellement ordonné à la fois.

Le dernier Blackmail est bon, très bon même lorsqu'on se donne le temps de l'analyser. Les notions de décadence musicale et de déliquescence vocale semblent encore plus vraies ici que sur les autres disques du combo Allemand. L'agressivité et la sauvagerie des instruments sont parfois presque inouïes et aussi surprenantes que la courte vie des quelques passages mélodieux à la gratte sèche qui meurent sitôt nés, et qui viennent adoucir l'ensemble, comme un contre-pouvoir nécessaire à tout monopole. Le Rock de Blackmail sait être tour à tour lourd, criard, bruyant, comme il peut sonner mid-tempo ou faiblard, être tendre ou parfois agréablement dérangeant. Mais les mélodies posées sont aussi douces que la saveur d'une barbe à papa fondant sur la langue, et les passages terriblement alternatifs, nébuleux et brillants, démontrent que l'énigme Blackmail n'est pas prête d'être résolue tant semble grande encore l'inspiration de nos voisins d'outre-Rhin.
Je n'ai pas souvenir, en deux ans, d'avoir passé une semaine sans écouter quelques titres de ce groupe méconnu mais tellement talentueux [ il y a d'ailleurs souvent corrélation entre les deux ]. Ca parle tout seul. Certes, j'ai bien conscience que la troupe fait figure d'ovni musical pour beaucoup, bien que le côté underground, libre et sans règle qui a presque fait sa popularité tend à disparaître aujourd'hui au profit d'une reconnaissance médiatique légitime, notamment chez nos amis Suisses.
Un album réussit, parfait mix de passion rageuse mettant le feu et d'instants aériens souvent soporiphiques et relaxants. Du Rock quoi. Du bon Rock. De quoi vous donner envie d'écouter l'album. Car l'aventure Blackmail continue.

♫♪♫

Dag Is Mad

♫♪♫

4 comments:

polochon said...

Je viens de découvrir ton blog par hasard et je dis bravo pour ton travail.Moi aussi je suis un fan de Blackmail et j'ai découvert ce groupe avec aerial view , il me tarde de découvrir leur dernier opus et je te donnerai mes impressions .
bien à toi

polochon said...

Je viens de découvrir ton blog par hasard et je dis bravo pour ton travail.Moi aussi je suis un fan de Blackmail et j'ai découvert ce groupe avec aerial view , il me tarde de découvrir leur dernier opus et je te donnerai mes impressions .
bien à toi

Ðåg is måÐ said...

Avec plaisir ;-)

Je suis fan aussi ^^

Anonymous said...

thanks for the blackmail album . one of the yery few indie bands that i really dig ! harry lime